17 juin 2008
Wattstax, mardi 17 juin, 22h20 sur Arte (multidiffusion le 19 juin à 3h00)
En 1972 le label Stax et ses stars célèbrent les noces du Black Power et de la soul. Une fête militante géante, entrée dans les annales comme le “Woodstock noir” des années 70.
“I am… somebody!” Poing levé, une foule
euphorique de plus de cent mille personnes, presque exclusivement
noire, reprend en choeur le discours du jeune révérend Jesse
Jackson, dressé sur la scène, et fait vibrer l’immense stade du
Coliseum, à Los Angeles. Comme pour proclamer une fois encore “Black is
beautiful”, le slogan phare de la décennie écoulée, la caméra caresse
les visages radieux, détaillant afros géants et couleurs électriques,
fashion victims des deux sexes en shorts à paillettes et costumes
moulants, tresses enrubannées des petites filles, chapeaux extravagants
des dames.
Nous sommes le 20 août 1972 : sous l’égide du label Stax, roi de la
deep soul, et de sa plus grande star Isaac Hayes, s’ouvre un concert
d’anthologie, à la fois acte militant et gigantesque fête populaire,
qui restera dans les annales comme le Woodstock de la communauté
afro-américaine : six heures de musique, de danse et d’euphorie
collective, destinées à commémorer les sanglantes émeutes de Watts, qui
ont eu lieu sept ans plus tôt, et à célébrer, avec le Black Power,
l’esprit de résistance et la vitalité de la culture noire. Outre
l’étoile incontestée Isaac Hayes, toutes les stars du label, comme
Rufus Thomas, les Staple Singers, Albert Kint, the Barkays, Little
Milton, ont accepté de chanter gratuitement.
Extatique
Chargé
d’immortaliser l’événement, le réalisateur (blanc) Mel Stuart a choisi
de mêler aux séquences extatiques du concert un aperçu de la réalité de
Watts, en promenant caméra et micros dans le quartier ; avec, en guise
de choeur antique, les commentaires acerbes du comédien Richard Pryor.
Trente-cinq après, son film, bercé par les tubes enivrants qui se sont
succédé sur la pelouse du Coliseum, fait revivre ce moment de
l’histoire américaine où la lutte pour les droits civiques avait mené
les Noirs à la reconquête d’une fierté communautaire, avant que bien
des rêves ne s’enlisent. Du cinéaste Melvin Van Peebles aux
extraordinaires prestations de Rufus Thomas et Isaac Hayes, du discours
inaugural de Jesse Jackson (un proche de Martin Luther King, assassiné
trois ans plus tôt) aux récits des habitants de Watts, il ressuscite
aussi, pour notre plus grand plaisir, une culture populaire incarnée de
manière incroyablement tonique par la musique, le langage, le look et
l’humour.
(www.arte.tv)
06 juin 2008
STAX, un label, une légende…
Rien ne destiné les deux créateurs de la Stax à faire carrière dans la musique. Pourtant Jim STEWART (ST…) et Estelle AXTON (…AX), frère et sœur dans la vie, ont donné toutes ses lettres de noblesse à la musique noire, celle qui a marqué toute une génération et continue de faire des émeutes.
Les débuts se font sous le nom de SATELLITE et rien ne laisse présager alors un avenir aussi prometteur pour le petit label car les associés n'y croient guère et quittent le navire rapidement.
Jim Stewart, lui, y croit dur comme fer et demande à sa sœur, Estelle Axton, de l'aider. Elle accepte et hypothèquera même sa maison pour cautionner l'avenir de SATELLITE.
1959 voit les vrais débuts du label. Jim Stewart enregistre son premier groupe, les VELTONES, avec l'aide de son bras droit et guitariste Chips MOMAN.
Ce premier enregistrement lui ouvre les portes du milieu du Rhythm & Blues. Sa rencontre avec le chanteur et disc-jockey Rufus Thomas, permet l'entrée de SATELLITE dans les charts grâce au morceau "Cause I love you" sous le double nom de Carla et Rufus Thomas.
Par la suite, Jim Stewart signe un accord de licence et de distribution avec Jerry WEXLER, propriétaire d'Atlantic Records, basée à New York. Cette collaboration sera un des éléments clés de la réussite de SATELLITE.
"Gee whiz" interprétée par Carla Thomas accède aux classements dans lequels on retrouve toutes les grandes compagnies, et s'installe dans le top 10 R&B et pop de Billboard.
Mais Jim Stewart ne se contente pas de ce premier succès, et se lance à la recherhce de nouveaux talents.
Les Royals Spades, avec Steve CROPPER, Duck DUNN, Wayne JACKSON, et Don NIX,
confirment cette réussite malgré quelques désagréments liés à l'arrivée
dans le groupe du neveu de Jim Stewart, Packy AXTON, alcoolique notoire.

Booker T., Duck Dunn, Steve Cropper and Carla Thomas
"Last Night" par les Mar-keys qui sort en juin 1961 sous SATELLITE connaît un succès au-delà des espérances de STEWART. Le titre se hissera à la deuxième place des hits parades noirs et à la troisième place du Hot 100 Pop. Cette vente de plus d'un million d'exemplaires oblige SATELLITE à se renommer. En effet, une compagnie californienne du même nom a jugé bon de faire valoir son antériorité, réclamant une somme astronomique à Jim STEWART et Estelle AXTON. Ces derniers y voient l'opportunité d'un changement de cap de leur compagnie. Ainsi naîtra STAX et le destin qu'on lui connaît. Chips MOMAN fera les frais de ce renouveau car sa collaboration se termine à ce moment.
C'est
le début d'une nouvelle ère: l'intégration va jouer un rôle important
dans le son STAX. Steve CROPPER, batteur blanc, prend l'initiative de
réunir le batteur noir Al JACKSON Jr, vétéran de la scène R&B, le
bassiste blanc Lewis STEINBERG et le jeune organiste noir Booker
T-JONES pour constituer la section rythmique de la STAX.
Durant la décennie 1960, Booker T et The MG's, ainsi que les équipes de production, notamment celles formées par Isaac HAYES et David PORTER seront au cœur de la réussite de STAX. On parlera alors du MEMPHIS SOUND. Progressivement, le terme de MEMPHIS SOUND disparaît et par la
même ses artistes fondateurs : Carla THOMAS, Steve CROPPER et Booker T.
JONES
Le disc-jockey de Washington Alvertis ISBELL dit Al BELL sera
un personnage clé de l'histoire de STAX. Cet homme ambitieux et
intelligent conduit la compagnie de Jim STEWART et Estelle AXTON à
jouer un rôle majeur dans l'industrie du disque, tout en assurant son
propre avenir.
En multipliant les tournées, STAX assure la réputation du MEMPHIS SOUND jusqu'à concurrencer la MOTOWN qui régnait sans partage sur ce créneau.
Le professionnalisme et le charisme de Al BELL attirent de nouveaux talents. Johnny TAYLOR en est le chef de file en devenant le plus gros vendeur de la compagnie à partir de 1968.

Davis, Jesse Jackson and William Bell
Forte de son évolution plus orientée soul avec l'arrivée de nouveaux artistes comme The Bar-Kays, Soul Children, Frederick KNIGHT, STAX n'oublie cependant pas sa vocation politique et éducative vis-à-vis de la population afro-américaine.
Liens
Le label continue de s'illustrer dans plusieurs projets. Les deux plus importants seront :
- la B.O. de la production hollywoodienne "Shaft" signée par Isaac HAYES,
- et surtout le concert légendaire de la WATTSTAX
Mais
l'ambition d'Al BELL provoquera la plus grande crise au sein de la
compagnie, notamment par la signature d'un accord de distribution avec
CBS, qui permettra à cette dernière de se débarrasser d'un concurrent
trop encombrant, et de s'imposer sur le marché R&B avec
PHILADELPHIA INTERNATIONAL RECORDING.
A la veille de 1975, STAX ferme définitivement, suite à des malversations financières découvertes par le Fisc.
staxrecords.free.fr/ super site en français sur Stax en particulier et la soul en général
www.soulsvilleusa.com le site officiel du musée Stax
www.wattstax.com
http://stax50.com




