the Funky Soul story

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03 avril 2006

Ann Peebles

Née à St Louis, Missouri, le 27 Avril 1947, Ann Peebles est la septième d’une famille assez peu aisée de 11 enfants. Elle est dès son plus jeune âge baignée dans le Gospel, puisque son père, Perry Peebles est responsable de la musique dans une église baptiste de St Louis, tout en devant travailler à l’usine pour faire vivre sa famille.

Mais surtout, il dirige la chorale familiale, le Peebles Choir, composée de sa femme Eula, et des enfants, neveux, nièces et cousins… C’est donc là que Ann fait son apprentissage musical à partir de 9 ans. Avec le Peebles Choir, elle découvre aussi la scène, puisque la chorale se produit de ville en ville, en première partie des Soul Stirrers (avec Sam Cooke) ou de Mahalia Jackson (qui seront deux de ses principales influences avouées, avec Aretha Franklin).

Ce climat familial très religieux n’empêche cependant pas la jeune fille de s’intéresser également à cette musique « profane » qu’est le Blues, avec le total assentiment de son père. C’est d’ailleurs lui qui l’encourage vers l’âge de 20 ans à se produire dans les boîtes de St Louis, notamment avec l’orchestre de Oliver Sain, localement très connu et concurrent direct des « Kings of Rhythm » de Ike Turner.

Sa carrière prend un tournant décisif quand, à l’occasion d’un voyage à Memphis en 68, elle rencontre au Rosewood Club Gene « Bowlegs » Miller, célèbre trompettiste qui dirige l’un des orchestres les plus réputés de la région. Celui-ci la présente à Willie Mitchell, producteur à Hi Records, qui cherche justement des artistes Soul pour rajeunir un peu l’image de la compagnie. Après une brève audition, la chanteuse obtient enfin son premier contrat d’enregistrement.

En 69, Ann enregistre son premier 45t, une chanson écrit par Oliver Sain, « Walk Away », qui se place assez bien dans les charts. Après un autre single au succès mitigé, « Give Me Some Credit », sort enfin le premier album « This Is Ann Peebles ».

Suivent deux autres singles, « Generation Rap », puis « Part Time Love » qui atteint la 7e place des R&B charts en 70. Pressé par ce succès, Mitchell décide de sortir un nouvel album, « Part Time Love », qui n’est en fait qu’une reprise du premier, auquel on a seulement ajouté 4 nouvelles chansons.

Mitchell a eu dès le départ l’idée de faire travailler Ann à l’écriture de chansons avec Don Bryant, un autre artiste Hi alors en pleine ascension. Leur collaboration devient rapidement fructueuse : ils composent plusieurs titres du second album « Straight From The Heart » et des suivants, ainsi que pour d’autres artistes, comme Otis Clay. Cette association sort bientôt du cadre strictement professionnel pour prendre une tournure beaucoup plus intime, qui les conduira finalement au mariage en 1974. C’est après la naissance de leur fils l’année suivante que le couple décidera de s’installer définitivement à Memphis.

Entre 71 et 73, plusieurs titres extrait de « Straight From The Heart » se classent honorablement dans les charts, dont « I Feel Like Breaking Up Somebody’s Home » qui a notamment été repris par Etta James, Bette Midler et Albert King.

Partageant son temps entre l’écriture, l’enregistrement et les concerts, Ann sort en Février 73 le premier extrait de son troisième album, « I’m Gonna Tear Your Playhouse Down » (une chanson qui propulsera Paul Young vers le succès de 1985). Mais c’est le single suivant qui fait réellement basculer la carrière de la chanteuse, lui permettant enfin d’entrer dans la légende. « I Can’t Stand The Rain », sortie au mois d’Août, grimpe rapidement dans les charts, obtient un Grammy Award et attire sur Ann Peebles l’attention de beaucoup d’artistes Pop-Rock. Cette chanson sera immortalisée en 84 par la version de Tina Turner.

L’album qui suit (tout naturellement nommé « I Can’t Stand The Rain ») génère trois autres 45t, dont deux seulement entrent timidement dans les charts : « (You Keep Me) Hangin’ On » en Mai 74, « Do I Need You » en Juillet.

Les disques suivants subiront malheureusement un sort semblable. Pourtant, l’excellent album qui sort en 1975, « Tellin’ It », contient quelques parfaits exemples de Memphis Soul, comme « Beware » ou « Come To Mama » qui ne rencontrent que peu de succès. L’album qui suit, « If This Is Heaven », sort lui aussi dans la quasi-indifférence. L’heure de gloire de Ann Peebles est bel et bien passée…

Le rachat de Hi Records par Cream Records marque la fin de la grande époque, avec le départ de Al Green, puis celui de Willie Mitchell. C’est aussi le chant du cygne pour Ann Peebles, qui enregistre en 79 son dernier album pour Hi, « The Handwriting’s On The Wall ». Après quelques derniers singles sans grande réussite, dont « Old Man With Young Ideas » et « Didn’t Take Your Man », la chanteuse décide de faire une pause pour se consacrer à sa famille.

Une pause longue d’une dizaine d’années, durant lesquelles elle ne reste pas inactive, puisqu’elle et son mari Don Bryant en profitent pour monter leur propre label Gospel, Faith Records, ainsi qu’une école.

Elle réapparaît en 90 avec l’album « Call Me », produit par son ancien acolyte Willie Mitchell sur son label Waylo. Malgré le faible succès des ventes, une tournée promotionnelle l’emmène en Europe et au Japon avec d’autres artistes du même label comme Otis Clay. Ces concerts donnent lieu à un album live, « A Memphis Soul Night – Live in Europe ».

Désormais sous contrat avec Bullseye Records, elle sort en 92 l’album « Full Time Love », qui scelle ses retrouvailles avec ses fidèles complices de l’époque glorieuse, la section rythmique de Hi et les Memphis Horns. On y trouve notamment une version bluesy de « I Can’t Stand The Rain ». Cet album est suivi en 96 de « Fill This Wold With Love », sa dernière production en date.

Ann Peebles est l’exemple type de ces artistes qui ont apporté à la Soul Music une immense contribution sans jamais obtenir une reconnaissance à la hauteur de leurs mérites. Néanmoins, elle continue inlassablement de tourner aux Etats-Unis, et parfois même en Europe, accompagné par un groupe constitué en partie d’anciens de la Hi Rhythm Section.

Posté par Wesh Conexion à 03:51 - Ann Peebles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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